Traduction et pratiques plurisémiotiques
Numéro spécial JoSTrans 35 (Janvier 2021)

Date limite: 01 février 2019


Guest editors : Francis Mus (Université de Liège – CIRTI) et Sarah Neelsen (Université Sorbonne Nouvelle – CEREG)

 

 

Ce numéro spécial de la revue JoSTrans s’inscrit dans les recherches actuelles sur la traduction d’œuvres « multidimensionnelles » combinant un texte avec d’autres éléments sémiotiques (musique, lumière, corps, images, etc.), le plus souvent associées à une pratique sur scène. Pour le transfert de ces œuvres plurisémiotiques le traducteur ou la traductrice se trouve confronté.e à un objet hybride : le texte n’est pas l’unique porteur de sens, la traduction doit donc elle aussi tenir compte de cette dialectique intersémiotique, voire devenir multidimensionnelle à son tour.

 

Les contributions pourront porter notamment sur les pratiques plurisémiotiques suivantes : théâtre, performance, musique, poésie en langue des signes, arts plastiques.

 

Certaines pratiques plurisémiotiques ont déjà fait l’objet d’études académiques. C’est tout particulièrement le cas de la traduction théâtrale et de la traduction audiovisuelle qui ont connu un essor considérable au cours des deux dernières décennies. D’autres domaines restent beaucoup moins étudiés. Ainsi, la recherche en traduction et musique est de date plus récente, surtout lorsqu’il s’agit de musiques populaires et il en va de même pour la traduction dans les arts plastiques, qui a rarement été étudiée de manière systématique : la traduction d’un texte peut-elle prendre la forme d’un objet d’art ? quelle traduction nécessite la circulation d’œuvres plastiques ? Quant à la langue des signes, elle connait pour sa part un intérêt nouveau, mais est presque exclusivement étudiée comme langue de traduction, et rarement comme langue de création.

 

Ce numéro 35 de JoSTrans poursuivra des réflexions amorcées par plusieurs numéros précédents : notamment « The translation of multimodal texts » (2013) et « Translation in the creative industries » (2018), à la différence que les contributions seront restreintes aux pratiques plurisémiotiques faisant l’objet d’une représentation devant un public. C’est au moment de cette représentation qu’une « traduction », « localisation » ou « adaptation » a lieu pour que la communication entre artiste(s) et public(s) puisse avoir lieu. Les analyses pourront donc porter également sur de nouvelles compétences professionnelles et le développement de nouvelles technologies de traduction, domaine en pleine expansion déjà abordé dans plusieurs numéros, en particulier dans les numéros 23 (2015), 26 (2016) et 30 (2018).

 

Les contributions devront s’orienter thématiquement et méthodologiquement d’après les trois axes suivants :

 

1.    D’abord, s’il est vrai que certaines pratiques ont déjà été étudiées dans d’autres disciplines (études littéraires, sémiotique, cultural studies, etc.), nous privilégierons ici avant tout une perspective traductologique. D’un point de vue théorique et méthodologique, les études proposées s’inscriront dans une tradition épistémologique traductologique qui devrait mieux être en mesure de cerner la nature spécifique de la traduction, tout en tenant compte, bien sûr, de sa dimension intrinsèquement interdisciplinaire. En effet, étant donné que certains dispositifs sémiotiques (p.ex. peut-on, devrait-on traduire une image ou une mélodie ?) et leur interaction mutuelle (p.ex. le rapport texte-image, ou texte-musique, …) sont souvent valorisés différemment d’une culture à une autre, chaque traduction sera toujours, dans une mesure ou une autre, également une ‘traduction culturelle’.

 

2.    En deuxième lieu, nous visons à rassembler un nombre d’études qui dépassent la casuistique pour arriver à un ensemble cohérent, c’est-à-dire où plusieurs disciplines artistiques sont abordées et où chaque auteur.e se fixe pour objectif de formuler des hypothèses générales concernant les pratiques artistiques analysées. En même temps, il s’agira de déterminer s’il y a des défis ou techniques de traduction qui se posent pour toutes les pratiques étudiées. Par exemple, est-il possible de traduire indépendamment l’un de l’autre les différents dispositifs sémiotiques au sein d’une seule œuvre ? Comment le traducteur peut-il ‘répartir’ (la traduction de) ces dispositifs dans le processus même de traduction ? Est-ce que la répartition dans le texte d’arrivée doit être « équivalente » à celle dans le texte source ? Comment cette équivalence peut-elle être définie ? Est-ce qu’il y a lieu de parler d’une stratégie de ‘compensation’ ? Enfin, est-ce que la traduction d’œuvres plurisémiotiques permet de mettre en évidence un phénomène exceptionnel de l’activité de traduction, ou est-ce que la complexité de ces œuvres constitue précisément un objet de recherche par excellence pour illustrer quelques principes fondamentaux pour toute activité de traduction.

 

3.    A cet égard, le rôle du traducteur sera crucial. Etant donné qu’il doit faire face à la traduction de plusieurs systèmes sémiotiques en même temps et parfois au moment même où la pratique se produit (spectacle sur scène), sa place est considérablement modifiée/réévaluée. En effet, les développements technologiques qui se sont produits depuis la deuxième moitié du vingtième siècle, combinés avec la reconnaissance et la visibilité de plus en plus grande du traducteur, ont élargi le champ de son intervention. Au niveau de la recherche aussi, cette liberté a été reconnue et étudiée depuis qu’une tradition de recherche de nature prescriptive a cédé la place à des approches descriptives ne privilégiant plus uniquement la perspective de l’équivalence, mais s’intéressant aussi au rôle créatif du traducteur. A cet égard, l’étude d’œuvres plurisémiotiques permettra de mieux cibler les possibilités et les limites du traducteur comme co-auteur et de porter aussi l’attention à toutes les collaborations qui s’ouvrent à lui (avec les metteurs en scène, musiciens, acteurs, etc.). La réception d’œuvres incluant une traduction pourra également être interrogée, notamment sous l’angle de la co-construction du sens entre traducteur et public.

 

Les contributions pourront être rédigées en français ou en anglais et ne devront pas dépasser une longueur de 7000 mots (notes de bas de page et bibliographie incluses).

 

Calendrier de publication :

 

·       Date limite pour l’envoi des propositions : 1er février 2019

 

Merci d’envoyer un abstract (500 mots) et une courte notice biographique aux deux éditeurs du numéro spécial :

 

Francis Mus (francis.mus@uliege.be)

 

Sarah Neelsen (sarah.neelsen@sorbonne-nouvelle.fr)

 

·       Date limite pour l’envoi des articles complets : 25 août 2019

 

La feuille de style de la revue peut être téléchargée à l’adresse suivante : www.jostrans.org/style.php

 

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