L’Exilé, l’étranger et l’autre dans les œuvres de Nabile Farès
Dossier coordonné par Fazia Aitel et Valérie K. Orlando

Date limite: 31 janvier 2018


 

 

Expressions maghrébines

 

Revue de la Coordination internationale des chercheurs sur les littératures du Maghreb

 

www.ub.edu/cdona/em

 

Vol. 17, no 2, hiver 2018 : Appel à articles

 

Date limite de soumission des articles : 31 janvier 2018

 

Parution : décembre 2018

 

Le 30 août 2016, Nabile Farès tirait sa révérence. Avec sa disparition, ce n’est pas seulement l’écrivain qui nous quitte mais aussi le philosophe, l’anthropologue, le conteur, le sociologue, le psychanalyste, le poète, le professeur et enfin l’homme, l’homme libre, l’Amazigh. Car dès ses premiers romans, Farès a fait montre d’une liberté d’écriture et de pensée qui ont fait de ses textes de vraies sources de réflexion sur la guerre, l’identité, l’écriture francophone ainsi que sur de nombreux débats philosophiques et poétiques. Par exemple, il critiquait déjà les échecs de la guerre d’Algérie et le parti unique dont elle accouchera, lui dont le père était président de l’exécutif provisoire algérien. Nommé l’homme des incorruptibilités (par le journaliste et critique littéraire Ali Chibani), Farès ne se départira jamais de sa liberté d’écriture, de ton et de son engagement politique et social, à commencer par la cause berbère qu’il soutiendra à un moment où il était véritablement dangereux de le faire. Et c’est bien à partir de sa condition de Berbère en Afrique du Nord que sa pensée prend son essor. À la fin de sa vie, il y reviendra avec son dernier ouvrage Maghreb, étrangeté et amazighité (2016).

 

La condition de l’exilé, de l’étranger, de l’autre, qu’il explore de manière nouvelle, est à la source de la pensée farèsienne. Une de ses approches s’inscrit dans le projet des études postcoloniales avant l’heure. En effet, juste avant l’avènement des postcolonial studies aux États Unis, qui toucheront l’Europe bien plus tard, Farès publie Un passager de l’occident (1971). Il y met en scène un narrateur qui traverse l’occident, cet espace et ses frontières, tout en se livrant à une vaste introspection, incarnant par là-même cette idée de l’empire qui « contre-écrit », notion qui deviendra si populaire par la suite, et dont on trouve les dernières incarnations romanesques dans Pierre, Sang, Papier ou Cendre de Maïssa Bey et Meursault, contre-enquête, le dernier roman de Kamel Daoud. Farès, à travers son narrateur, intervient aussi d’une manière très pointue sur la littérature américaine, et partant sur la société américaine, en y décelant la présence spectrale des Noirs américains comme James Baldwin et Richard Wright : « ce qui fait la qualité des romans blancs américains, c’est qu’ils sont écrits par des Blancs, et que, à travers les pages, le Noir, l’homme noir, est partout ». Ces réflexions apparaissent vingt ans avant la fameuse étude de l’écrivaine américaine Toni Morrison Playing in the dark, où cette dernière explore la présence des Noirs américains dans l’imaginaire blanc de ses compatriotes.

 

L’altérité qui hante toutes les œuvres de Farès fait leur richesse, profondeur et complexité. Pourtant, l’œuvre de Farès est souvent mal connue si ce n’est tout simplement méconnue. Ce numéro tente d’y remédier un peu et se veut un hommage au grand intellectuel discret et généreux qu’était Nabile Farès. Dans un monde où l’on assiste à la montée des nationalismes, des extrémismes et intégrismes de tout bord et où le fascisme se décline dans les contrées les plus inattendues, il est urgent d’écouter et d’examiner la parole d’un humaniste sage qu’offre Farès.

 

Nous sollicitons des contributions qui explorent les facettes de l’altérité, l’exil et l’étrangéité associées à l’œuvre de Farès. Nous encourageons la soumission d’articles en anglais ou français traitant de questions liées à cette altérité, par exemple :

 

  • L’altérité et la femme dans l’œuvre de Farès

  • La marginalisation de l’amazighité/kabylité

  • L’identité diasporique algérienne en France selon Farès

  • L’altérité et la subjectivité, les limites de l’identité, la porosité du rapport à l’autre

  • L’exil expliqué par l’anthropologie/l’ethnologie /la psychologie

  • L’exil et l’esthétique littéraire dans les ouvrages farèsiens

  • Farès, l’auteur marginalisé, et son lectorat

  • L’humour farèsien de l’exil

 

Les articles ne devront pas dépasser 40.000 signes, espaces inclus (6.000 mots environ). La ponctuation, les notes et les références doivent être conformes aux normes appliquées par la revue : http://www.ub.edu/cdona/em#guide

 

Les demandes de renseignements complémentaires et les articles complets doivent être adressés par courrier électronique à la Présidente du comité scientifique à : expressions.maghrebines@ub.edu

 

La section VARIA de la revue maintient toujours un appel à articles (sans date limite de soumission) concernant les cultures maghrébines : littérature, cinéma, arts…

 

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