L’enseignement/apprentissage du français au Maroc au 21ème siècle. Vers de nouveaux enjeux ?
Ouvrage collectif Coordination M. Essaouiri, A. Mabrour & M. Sadiqui

Date limite: 31 juillet 2017


Le français a toujours occupé une place particulière dans les réformes que l’enseignement a connues depuis l’avènement de l’indépendance du Maroc. L’enseignement/apprentissage de cette langue était souvent lié à des enjeux politiques, économiques, académiques et culturels : le français permet non seulement l’accès aux savoirs universitaires et l’intégration professionnelle, mais aussi l’ouverture sur le monde. La politique d’arabisation, menée à partir du début des années 80 du siècle dernier, a modifié le statut de la langue française dans l’enseignement scolaire. Sa transformation de langue véhiculaire à langue étrangère a conduit à lui assigner une nouvelle fonction dans le système éducatif marocain (du primaire au secondaire). Toutefois elle a été maintenue en tant que langue de spécialité (dans les filières « Études françaises ») des départements de langue et littérature françaises, et en tant que langue d’enseignement (pour les disciplines scientifiques techniques et de gestion).


Ce déphasage entre le secondaire et le supérieur a créé des contextes différents d’usage de la langue française. Si la réforme de 1999 énoncée par la Charte Nationale d’Éducation et de Formation – qui conçoit l’enseignement des langues, et du français plus spécifiquement, comme une des problématiques transversales du système – a été relancée par un programme d’urgence (2009-2012), tous les rapports d’évaluation depuis 2010 pointent l’un après l’autre des défaillances sérieuses quant à la maîtrise des langues avec même une tendance à l’aggravation dans certains indicateurs de performance. Le dernier rapport du Conseil supérieur de l’enseignement (2000-2013) rendu en décembre 2014, dresse le même constat en avançant plusieurs raisons, dont la surcharge des classes et les lacunes de formation continue.

Récemment, le choix de l’arabisation a été partiellement remis en question. De nouveaux cursus sont proposés, comme les sections internationales du baccalauréat marocain, option français (BIOF). Elles concernent principalement les branches scientifiques. Cependant, d’autres parcours, sont aussi proposés, notamment en anglais et en espagnol. Cette nouvelle réalité, créée par la nouvelle architecture linguistique fondée sur le plurilinguisme et l’alternance des langues prônée par la vision stratégique 2015-2030, nous interpelle, et elle nous invite à prévoir qu’à plus ou moins long terme, enseigner et apprendre le français au Maroc deviendra un enjeu stratégique pour la place du Maroc sur la scène africaine et internationale.

En effet, la question des langues, dans un contexte plurilingue comme celui du Maroc, n’interroge plus uniquement le degré de continuité entre les cycles de notre système éducatif, même si la frontière entre ces derniers est très mince. Les nouveaux enjeux que cette langue peut et doit mobiliser, aux niveaux pédagogique et socio-économique, ainsi que les conditions dans lesquelles s’effectue son enseignement/apprentissage en tant que langue utilitaire, langue de spécialité, langue d’enseignement ou encore et tout simplement langue vivante permettant de rencontrer l’Autre, tous ces nouveaux enjeux sont déterminants pour son appropriation.

Quelle influence la politique linguistique et éducative au Maroc, foncièrement liée à l’ambiguïté du statut de cette langue dans notre système éducatif, a-t-elle sur les pratiques de classe ? Les dispositifs pédagogiques conçu et mis en œuvre sont-ils en adéquation avec la réalité des apprentissages visés ? Quelles difficultés rencontrent les différents acteurs pour proposer des modalités d’enseignement efficaces et adaptées aussi bien aux besoins du public ciblé qu’aux différents contextes de son enseignement/apprentissage – du primaire à l’universitaire en passant par le secondaire ?
Les principales questions, donc, auxquelles cet ouvrage s’efforcera d’apporter des éléments de réponse concernent principalement :

-les contraintes institutionnelles qui pèsent sur l’emploi et l’enseignement de cette langue,
-les besoins actuels et futurs en apprentissage de cette langue
-son statut actuel (de droit ou de fait) : langue de scolarisation ?, langue « seconde » ?, langue « privilégiée » ?, langue « prioritaire » ?, langue « obligatoire » ?, langue « étrangère ?, langue en relation avec les autres langues …,
-les objectifs (linguistiques, culturels, communicatifs, interculturels, …) qui lui sont assignés,
-les dispositifs didactiques et approches pédagogiques mis à l’œuvre pour son enseignement ainsi que l’intérêt que représentent les TIC dans l’enseignement des langues (matériaux d’enseignement porteurs de contenus, enseignement hybride, à distance,…),
-le rôle que peut jouer l’enseignant-(chercheur) et le formateur dans ce processus en tant que « diagnosticien », « planificateur », « animateur », de l’enseignement (utilisation du matériel, savoir-faire pédagogique), et l’importance de la formation continue dans la pratique pédagogique.
L’un des objectifs de cet ouvrage est de réunir des contributions proposant une diversité des approches en fonctions des différents contextes (primaire, secondaire, universitaire, formation des enseignants)

Calendrier du projet
04 Mai 2017 : Mise en ligne de l’appel
31 Juillet 2017 : date limite pour la réception des propositions de contribution (autour de 300 mots): à envoyer aux trois adresses
10 Septembre 2017 : retour et commande d’articles
20 Décembre 2017 : date limite pour la remise des articles
30 Avril 2018 : retour de l’évaluation des contributions soumise par les experts
Juillet 2018 : soumission des contributions définitives
Décembre 2018 : soumission de l’ouvrage à la maison d’édition

Les propositions et les versions intégrales des articles sont à envoyer aux trois adresses électroniques suivantes :

- m.sadiqui@ens.umi.ac.ma

- abdelmabrour@yahoo.fr

- mohamed.essaouri@gmail.com

Comité scientifique
Fatima CHNANE-DAVIN, École Supérieure du professorat et de l’éducation, Université d’Aix-Marseille (France)
Jean-Pierre CUQ, Université Nice Sophia Antipolis (France)
Bertrand DAUNAY, Université Charles-de-Gaulle (France)
Christine DEVELOTTE, École Normale Supérieure de Lyon-IFÉ (France)
Jean-Marc DEFAYS, Professeur à l'Université de Liège (Belgique)
Mohamed ESSAOIURI, Conseiller académique (Maroc)
Abdelouahed MABROUR, Université Chouaîb Doukkali (Maroc)
Jean-Paul NARCY-COMBES, Professeur émérite des universités, Sorbonne nouvelle-Paris3 (France)
Marie-Françoise NARCY-COMBES, Professeur Emérite, Université de Nantes (France)
Christian PUREN, Professeur émérite de l'Université Jean Monnet de Saint-Etienne (France)
Mina SADIQUI, Université My Ismail (Maroc)

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