La guerre et ses représentation dans la littérature et les arts
Appel à contribution pour un ouvrage collectif

Date limite: 28 février 2019


 

 

 

Département de Langue et de Littérature Françaises

 

Laboratoire de Recherches : Langues, Représentations et Esthétiques (LARES)

 

 

Sous la direction du Pr. Mounsif EL HOUARI et Pr. Faïza GUENNOUN HASSANI

 

 

L’invasion du Koweït par l’armée irakienne, en 1990, avait déclenché la Première Guerre du Golfe[1]. La coalition internationale menée par les Etats Unis d’Amérique, sous l’égide de l’Organisation des Nations Unies, avait comme but la libération du Koweït et le rétablissement de la Justice, ce qui a donné à la guerre du Golfe un caractère légitime et fait croire à la naissance d’un nouvel ordre mondial et par la même occasion d’un nouveau concept, celui de la « guerre juste » qui résonne d’ailleurs comme un oxymore.

 

Cette terminologie (guerre juste, guerre propre, frappe chirurgicale, guerre pour la paix…) qui mettrait mal à l’aise toute personne de bon sens est cependant perçue favorablement, par une certaine élite, comme en témoignent  les propos de Richard Nixon, ancien président des Etats Unis[2]. Ainsi  fait-on de la guerre un « non-crime » capable d’instaurer la démocratie, la liberté, et le progrès et pourquoi pas le bonheur des nations, pour l’ériger comme un acte de délivrance et camoufler son apparence antisociale, antihumaine.

 

Mais de quels artifices use-t-on pour la légitimer, la rendre acceptable ? De quelles formes de propagandes se saisit-on pour la mettre en marche, la mettre à l’œuvre ? Les médias, l’école, l’écriture, l’image… car l’enrôlement de milliers de personnes réconfortera les assaillants en leur donnant bonne conscience. Ainsi hostilité nationale et ressentiment personnel se rejoignent pour produire l’indicible et par là-même nier les droits de l’ennemi, car une fois la guerre engagée rien ne peut l’arrêter, et tout cela au nom de la guerre juste !

 

Si Hobbes trouve que la guerre est un fait naturel, Machiavel  la considère comme nécessaire pour instaurer l’ordre ; Hegel, lui, la trouve indispensable au bien-être moral des nations puisqu’elle transcende les dispositions naturelles de l’Homme. Kant, quant à lui, la condamne estimant que l’Humanité doit continuellement promouvoir la paix et veiller à ce qu’elle soit perpétuelle.

 

Ainsi est-on en droit de nous poser bon nombre de questions : à travers quelle vision doit-on juger la guerre ? Juridique, économique, religieuse, morale, philosophique, esthétique… ?

 

Toujours lié aux grands moments de l’Histoire, l’art est souvent le témoin privilégié qui se donne pour mission d’engager le dialogue et d’interpeller humainement, éthiquement et esthétiquement les Hommes. Ainsi, la guerre a longtemps inspiré peintres, sculpteurs, philosophes, écrivains, … à dénoncer les injustices ou à glorifier le patriotisme et le sacrifice de soi. Par le biais du texte, de l’œuvre d’art, l’artiste s’octroie le droit de se représenter et de représenter la guerre et ses conséquences dévastatrices sur les hommes, les villes, la nature… L’image qu’il en donne est souvent celle d’une machine destructrice, une boucherie sanglante qui détruit l’humanité et engouffre l’Homme dans la misère[3]. Il devient ainsi un intermédiaire qui traduit l’image réelle, éphémère et indicible en image immortelle exprimant une représentation collective ou alors un sentiment individuel.

 

LES AXES  (à titre indicatif)

 

-       La littérature et l’art (poésie, peinture, cinéma, chanson, chorégraphie…), sont-ils des moyens efficaces pour dénoncer l’injustice de la guerre ou  pour défendre l’idée d’une guerre juste, ou encore pour démontrer et affirmer le contraire en la stigmatisant ?

 

-       Les artistes peignent la guerre en s’inspirant de la réalité ou en donnant libre cours à leur imagination pour exprimer la souffrance, l’humiliation, le déchirement, voire la glorification… Comment s’y prennent-ils ? L’œuvre d’art peut-elle constituer un témoignage ?

 

-       Comment se fait la représentation de la guerre en tant que phénomène historique, social, politique, … ?

 

-       Comment une œuvre engagée –dans sa relation à la guerre- représente-t-elle un système de valeurs et une vision du monde ?

 

-       Comment l’art se propose-t-il de représenter l’indicible : la cruauté des événements, la brutalité des images, l’incohérence des actes… ?

 

-       Comment les médias, l’école, l’écriture, l’image… enrôlent-ils le récepteur dans la mécanique guerrière ?

 

Les contributions accompagnées d’une brève notice biobibliographique de l’auteur.e. et d'une liste de cinq mots-clés seront envoyées au plus tard le 28 Février 2018 à l’adresse suivante : 

 

collectif.rep.guerre@gmail.com

 

Langue de contribution : le français.

 

Calendrier :

 

Octobre 2018 : diffusion de l’appel à propositions d’articles

 

28 Février 2019 (date limite) : Réception des contributions

 

Mars  2019 : Expertise des contributions reçues

 

Fin Mars 2019 : réception des expertises, réponse définitive aux auteur.e.s et propositions éventuelles de modifications

 

Fin Mai 2019 : réception des textes revus

 

Juin 2019 : début du processus éditorial

 


 

[1] On l’appelle également « Seconde Guerre du Golfe » par rapport à la guerre Iran-Irak.

 

[2] Richard Nixon,  «Bush Has It Right : America’s Commitment in the Gulf Is moral », International Herald Tribune, « Si nous devons entrer en guerre, dit-il, ce ne sera pas seulement une guerre pour le pétrole. Ce ne sera pas seulement une guerre pour la démocratie. Ce sera une guerre pour la paix, non pas seulement la paix en notre temps, mais la paix pour nos enfants et nos petits-enfants dans les années à venir […]. Voilà pourquoi notre engagement dans le Golfe est une entreprise hautement morale.»

 

[3] Comme Guernica de Picasso, ou tres de mayo de Goya….

 


 


 

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