La caractérisation des figures de l’altérité à travers les discours : Regards pluridisciplinaires
Cahiers de langue et littérature no 14

Date limite: 30 mars 2019


 

Coordonné par Ibtissem CHACHOU

 

UNIVERSITE ABDELHAMID IBN BADIS MOSTAGANEM

 

FACULTE DES LANGUES ETRANGERES

 

DEPARTEMENT DE FRANÇAIS

 

 

Autrui, c’est l’autre, c’est-à-dire le moi qui n’est pas moi”

 

Jean-Paul Sartre (1943), L’Être et le Néant, éditions Gallimard, Paris.

 

Ce numéro de revue se propose de considérer la mise en mots de l’altérité dans la production des discours. L’altérité renvoie à ce qui est autre, l’alter que l’on envisage en rapport avec l’égo. La définition de ces rapports passe, à travers les discours circulants ou institués, par des procédés de dénominations et de désignations que l’on s’attribue et que l’on attribue à l’autre. Définir quelqu’un revient à l’affubler de sens, de signifiance au sens où cela se fait par et dans les mots. Dans Formes et Figures de l’altérité, Denise Jodelet s’interroge sur l’alter : « De qui s’agit-il, individu ou groupe ? Comment et pourquoi s’opèrent sa perception, sa définition, sa construction, sa représentation ? » (2005). L’altérité est ici saisie à la fois au sens philosophique du terme et dans une perspective de psychologie sociale, elle ne sera pas moins appréhendée du point de vue de la linguistique du discours (Maingueneau&Chauraudeau 2002) dans les réflexions que nous nous proposerons d’aborder.

 

En effet, le caractère contextualisé du discours participe de la complexité des représentations qui, souvent, s’élaborent sur l’autre et ce, dans la mesure où l’affirmation de l’identité obéit au principe d’altérité selon lequel on ne se pose qu’en s’opposant. La perception de la différence de l’autre constitue d’abord la preuve voire la matérialisation de sa propre identité qui devient alors « être ce que n’est pas l’autre » (Charaudeau 2009). Le processus de prise de conscience de la différence de l’autre s’opère selon une logique systémique qui voudrait que « A » n’ait de valeur que parce qu’il est différent et/ou opposé à « B », c’est à cette condition qu’il acquiert une valeur propre qui, par conséquent, le définit. L’identité ne se pose de fait que face à l’altérité. Les définitions de soi par rapport à l’autre et inversement se présentent souvent comme interdépendantes, c’est le type de relation qui varie car le caractère étranger de l’autre est souvent soumis à la loi égocentrique et paradoxale de l’attraction/répulsion.

 

Deux principaux traits sémantiques caractérisent la notion de stéréotypie et des termes voisins comme « clichés » et « préjugés ». Il s’agit de la « récurrence » « la fixité » ou le figement ainsi que la « simplification » et « la généralisation » (Charaudeau 2007). Ces traits facilitent la circulation des savoirs socialement partagés et participent de la cohésion des membres d’un même groupe autour de valeurs communes qui se matérialisent à travers diverses manifestations matérielles et symboliques. Les imaginaires linguistiques et socio-discursifs relèvent du champ symbolique où les sujets transforment « la réalité en réel signifiant » (2007), et ce à la faveur de processus complexes d’appréhension, d’accumulation et de symbolisation des faits en société.

 

Aujourd’hui, de par le monde, les (re)négociations identitaires liées à la (re)définition institutionnelle de l’identité et ce qu’elle implique comme reconnaissance des droits des minorités linguistiques et la préservation des langues de moindre diffusion,suscitent des débats publics au sein de la société, dans les médias et sur les réseaux sociaux. Les crispations autour des questions des origines, des langues, des provenances et des identités font aujourd’hui l’objet de manipulation et d’instrumentalisation à des fins politiques.Les clichés et les stéréotypes, parfois violents et aidés par le caractère instantané et viral des RSN, ne manquent pas d’être réactivés.Ils alimentent les polémiques et appuient les assignations et les stigmatisations identitaires.Cependant des contre-discours apparaissent également qui vont à l’encontre de ces discours et prônent la tolérance et le vivre-ensemble.Les axes proposés à la réflexion sont les suivants :

 

  • Les représentations des identités dans le(s) processus de production des discours.

  • La perception/traitement de l’altérité en contexte éducatif.

  • Les discours sur l’autre dans les domaines : littéraire, politique, médiatique, ordinaire, etc.

  • Les pratiques dénominatives et désignatives de l’autre.

  • Les discours stigmatisants à l’endroit des minorités.

  • Les processus d’essentialisation et d’ethnicisation des identités.

 

Bibliographie indicative :

 

Amselle Jean-Loup, (2008), L’occident décroché : enquête sur les postcolonialismes, Paris, Stock : « Un ordre d’idées ».

 

Amselle Jean-Loup, (2011), L’Ethnicisation de la France, Paris, Editions Lignes.

 

Charaudeau Patrick & Maingueneau Dominique, (2002), Dictionnaire d’analyse du discours, éditions du Seuil.

 

Charaudeau Patrick, (2007), « Les stéréotypes, c’est bien, les imaginaires, c’est mieux », in Boyer H, (dir), Stéréotypage, stéréotypes : fonctionnements ordinaires et mises en scène, L’Harmattan, Paris.

 

Jodelet Denise, (2005), « Formes et Figures de l’altérité », in Margarita Sanchez-Mazas et Laurent Licata, L'Autre : Regards psychosociaux, chapitre 1, pp. 23-47. Grenoble : Les Presses de l’Université de Grenoble, 2005, 416 pp. Collection : Vies sociales.

 

Julien François, (2016), Il n’y a pas d’identité culturelle, mais nous défendons les ressources d’une culture, 93 p, Editions de l’Herne.

 

Julien François, (2018), Si près tout autre, de l’écart à la rencontre, 223 p, Grasset.

 

Modalités de soumission :

 

La date limite de soumission des articles est fixée pour le 30 mars 2019.

 

Après évaluation, les réponses seront transmises à compter de mai 2019

 

La parution du numéro est prévue pour le premier semestre 2019.

 

Le template (les consignes de présentation de l’article) est consultable sur la plateforme ASJP de la DGRST : www. asjp. cerist.dz/en/PresentationRevue/186  

 

Contacts:ibtissemchachou@yahoo.fr et cahierslangue9@gmail.com

 

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