Glotopolítica - Langage et luttes sociales dans l’espace hispano-lusophone
Numéro 32

Date limite: 30 septembre 2018


 

Numéro coordonné par Elvira Narvaja de Arnoux, Jose del Valle, Alexandre Duchêne (Universitad de Buenos Aires, Argentine ; City University of New York, USA ; Université de Fribourg, Suisse)

 

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Llamada a contribuciones (espagnol)

 

http://glottopol.univ-rouen.fr/appels.html 

 

Problématique

 

En 2000, Elvira de Arnoux, professeure d’analyse du discours à l’Université de Buenos Aires publiait un article fondateur intitulé « La Glotopolítica : transformaciones de un campo disciplinario ». Dans cet article, l’auteure pose les bases de la Glotopolítica s’appuyant pour cela sur l’article tout aussi fondateur de Guespin et Marcellesi publié dans Langages en 1986. De Arnoux souligne d’emblée l’importance de leurs travaux, revendiquant une filiation qui dépasse l’usage usuel du terme glottopolitique pour endosser le programme proposé par ces deux auteurs. Cependant, De Arnoux, déjà, propose une extension de leur approche en invitant à repenser radicalement les sciences du langage, en mettant au cœur de cette entreprise une focale sur l’histoire des idées linguistiques comme foncièrement ancrée dans une analyse des conditions politiques et des effets de domination que ces idées produisent, en questionnant les conditions matérielles de production des discours sur la langue, de même qu’en considérant que l’étude du langage s’accompagne d’un engagement politique assumé. Cet article, de même que les activités de recherche du groupe de Buenos Aires, ont rapidement trouvé un écho dans d’autres parties de l’Amérique latine, mais aussi auprès de sociolinguistes aux États-Unis travaillant sur l’histoire politique et sociale de la langue espagnole, tel que le professeur Jose del Valle, de la City University of New York. Ces rapprochements intellectuels ont alors donné lieu à des colloques de Glotopolítica au Chili, en Colombie et plus récemment en Allemagne, de même qu’à la création récente d’un Anuario de Glotopolítica. Loin d’être un champ homogène, la Glotopolítica, au contrairepropose différentes lignes de force, informées par les ancrages socio-politiques dans lesquels ce savoir est produit, permettant ainsi un dynamisme de recherche et d’engagement qui permet d’éviter l’orthodoxie intellectuelle.

 

Cette proposition de numéro thématique cherche donc à rendre compte de ces travaux, qui, en partie, renvoient à une certaine histoire des idées sociolinguistiques francophones mais qui cherchent également à proposer des pistes nouvelles dans notre compréhension des liens entre langage, politique et société. En ce sens, il ne s’agit pas ici de proposer des études de cas sur l’Amérique latine ou plus généralement sur le monde hispano-lusophone ou d’« exposer » les particularismes de cet espace. Il s’agit au contraire de s’engager sur une réflexion plus générale sur ce que ces travaux nous permettent de comprendre sur nos réalités glottopolitiques et sur l’apport de ces approches pour l’avancée de notre champ. Cette entreprise s’inscrit en ce sens dans un déplacement de la circulation du savoir héritée de notre histoire coloniale allant généralement du nord vers le sud pour envisager une circulation complémentaire du sud vers le nord.

 

Ce numéro s’organise autour de quatre axes thématiques :

 

1. Luttes de champs : Sciences du langage, Glottopolitique et Glotopolitica

 

La première série de contributions portera sur l’analyse de la circulation du concept de glottopolitique dans le champ de l’espace hispanico-lusophone. L’idée ici est de mieux comprendre comment ce concept a circulé, comment il a été réceptionné et transformé. Cette approche de la question s’inscrit intiment dans la démarche de Glotopolítica, proposant ainsi une certaine histoire politiquement située de ce concept. Elle permettra également de mieux comprendre le rôle des espaces de production du savoir en Amérique Latine. Si des chercheurs en Glotopolítica (tels que Juan Antonio Enis ou encore Dario Rojas) ont documenté le rôle des linguistes allemands tels que Rudolf Lenz, ou encore Schuchardt, dans l’établissement de la discipline linguistique et philologique sur ce continent, cette section se propose de réfléchir à l’influence des travaux francophones sociolinguistiques sur la Glotopolítica. Cependant il conviendra également de montrer en quoi cette circulation ne constitue pas un simple transfert mais bel et bien la constitution d’un champ propre, bien que nécessairement et volontairement hétérogène, situé au sein de luttes académiques et politiques.

 

2. Luttes institutionnelles : autorités linguistiques et enjeux géopolitiques

 

Cette section a pour objectif de présenter une série de travaux emblématiques portant sur le rôle des institutions d’autorité sur la langue. Un accent particulier sera mis sur l’analyse historique des académies linguistiques et soulignera le rôle des expert-e-s (linguistes, philologies, politologues) dans la conception de ce qui compte comme langue espagnole et portugaise dans des espaces marqués par des luttes de pouvoir et des relations postcoloniales.

 

3. Luttes politiques : le pouvoir de la langue et des mots dans des espaces en tension

 

Cette section portera sur la question de l’engagement politique et ceci de deux manières. La première porte sur l’engagement politique au sein du champ de la linguistique, et l’idée que la transformation de la discipline constitue un projet politique nécessaire. La seconde portera sur la Glotopolítica comme action sur le politique, à l’appui d’études qui soulignent comment ce type de recherche contribue, et sous quelles conditions, à des luttes politiques.

 

4. La traduction comme lutte : comprendre et interpréter comme acte glottopolitique

 

Dans la mesure où l’ensemble du numéro présuppose un travail de traduction, cette section va se pencher sur l’acte de traduire, compris à la fois comme geste technique, mais aussi et surtout comme un processus interprétatif où se déploient des enjeux politiques, économiques et certainement épistémologiques. La section s’interrogera alors sur les liens entre régimes de vérité et traductibilité ainsi que sur les conditions glottopolitiques de l’accès au savoir, permettant ainsi de questionner ce que « comprendre » veut dire d’un point de vue sociolinguistique.

 

Format

 

Dans la mesure où ce numéro a pour objectif de faire connaitre des travaux peu réceptionnés dans le monde francophone, ce numéro propose d’alterner des traductions en français de textes déjà publiés en langue espagnole et portugaise avec des textes originaux rédigés, pour ce numéro, par des chercheur-e-s travaillant dans le champ de la glotopolitica, textes qui seront mis à disposition dans la langue de rédaction et en langue française. Par ailleurs, et afin de susciter un dialogue trans-continental chaque section thématique sera conclue par un commentaire/dialogue, élaboré par deux chercheur-e-s, l’un-e issu-e de l’espace hispano-lusophone, l’autre de l’espace francophone.

 

Calendrier

 

Réception des contributions : 30 septembre 2018

 

Publication : juillet 2019

 

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