Les voix en dialogue : Hétérogénéité énonciative et discours en interaction
Lieu: Lyon (France)
Date de l'événement: 3-5 juillet 2019

Date limite: 15 janvier 2019


 

Comité scientifique : 

 

Jacques Bres, Université Paul Valéry Montpellier 3 (France), Monique De Mattia-Viviès, Université d’Aix-Marseille (France) Patrick Dendale, Université d’Anvers (Belgique), Kjersti Fløttum, Université de Bergen (Norvège), Sylvie Hanote, Université de Poitiers (France), Emmanuelle Labeau, Université d’Aston (Grande-Bretagne), Michèle Monte, Université de Toulon, Henning Nølke, Université d’Aarhus (Danemark), Coco Norèn, Université d’Uppsala (Suède), Laurent Perrin, Université Paris-Est Créteil (France), Alain Rabatel, Université Lyon 1 (France), Laurence Rosier, Université Libre de Bruxelles (Belgique), Geneviève Salvan, Université Côte d’Azur (France), Université Françoise Sullet-Nylander, Université de Stockholm (Suède)

 

Conférenciers invités : 

 

Jacques Bres, Université Paul Valéry Montpellier 3

 

Kjersti Fløttum, Université de Bergen (Norvège)

 

Sylvie Hanote, Université de Poitiers

 

Laurent Perrin, Université Paris-Est Créteil

 

Alain Rabatel, Université Lyon 1

 

Organisateurs : 

 

Olga Artyushkina, Université Jean Moulin Lyon 3, Centre d’Études Linguistiques EA 1663, Hugues Constantin de Chanay, Université Lumière Lyon 2, UMR 5191 ICAR, Domitille Caillat, docteure Université Lumière Lyon 2, UMR 5191 ICAR, Aleksandra Nowakowska, Université Paul Valéry Montpellier 3, UMR 5267 Praxiling

 

Thématique

 

Ce colloque se propose d’être un lieu de rencontre entre les approches de l’hétérogénéité énonciative et celles des interactions dans toute leur diversité. 

 

Comment analyser énonciativement l’interaction ? Les réponses que fournissent le dialogisme surtout, mais aussi la polyphonie, sont partielles. Issus de traditions différentes, ces deux modèles restent particulièrement adaptés aux types de discours pour l’analyse desquels ils ont été pensés. On peut ainsi voir un rattachement à une tradition d’analyse plutôt littéraire pour le dialogisme, issu de travaux attribués à Bakhtine sur le discours romanesque (1934/78), les genres du discours (1952/84) ou la poétique de Dostoievski (1963/70), plutôt argumentative pour la polyphonie, avec l’étude de l’organisation des énoncés en points de vue. L’analyse des discours a montré que les interactions, qu’elles soient synchrones ou asynchrones, écrites ou orales (conversation, débat, interview, échanges de SMS, forum, échanges sur répondeurs, chat, etc.) sont, d’une part, plutôt « co-construites » par deux ou plusieurs participants et, d’autre part, énonciativement « feuilletées ». De quelle manière articuler l’hétérogénéité énonciative et l’interaction ?

 

L’approche praxématique du dialogisme (mais non la polyphonie) a proposé un couple conceptuel fondamental permettant d’articuler « co-construction » et hétérogénéité énonciative : le dialogal et le dialogique.  Cette distinction peut sans doute avoir de la pertinence en dehors de ce cadre théorique.

 

En effet, quel rapport entre dialogal et dialogique ?

 

S’ils partagent la même racine lexicale dialog, le dialogal et le dialogique renvoient à des réalités linguistiques distinctes. 

 

Le dialogal désigne une forme de dialogue externe défini comme l’alternance de plusieurs tours de parole produits par des locuteurs distincts (ex. : conversation, interview ou débat médiatique, entretien, pièce de théâtre, etc.). Le dialogique quant à lui correspond au dialogue interne dans l’énoncé : son orientation constitutive, au principe de sa production comme de sa réception, vers d’autres discours avec lesquels il interagit (Bres et Mellet 2009). Cette orientation se manifeste sous forme d’échos, de résonances, d’harmoniques, qui font signe vers d’autres discours ; sous forme de voix introduisant de l’autre dans l’un. Le dialogique se marque non seulement au niveau sémantique du mot (dialogisme de la nomination), mais aussi syntaxique (clivage, dislocation, concession, etc.) ou prosodique (renforcement d’accentuation, imitation de voix, etc.), voire gestuel (la mimo-posturo-gestualité fonctionne-t-elle dialogiquement ? Corollairement, comment l’hétérogénéité énonciative se marque-t-elle dans les interactions signées ?).

 

L’approche praxématique du dialogisme dans l’interaction n’est pas unique et pleinement satisfaisante afin de traiter le feuilletage énonciatif des échanges interactionnels. D’autres cadres théoriques peuvent être pensés pour l’approche énonciative de l’interaction : c’est le cas par exemple de la syntaxe dialogique basée sur le parallélisme et la résonance dans l’interaction chez J.-W. Dubois, des postures énonciatives chez A. Rabatel ou encore des reprises diaphoniques chez L. Perrin…

 

Dans quel cadre théorico-méthodologique pourrait-on articuler les notions d’interaction et d’hétérogénéité énonciative ? 

 

Quels sont les rapports du dispositif communicationnel, du cadre participatif et du déroulement concret de la communication dans ces échanges que l’on peut appeler dialogaux avec les traces et les représentations de l’hétérogénéité énonciative ?

 

Est-ce que la notion de locuteur est suffisante, ou a-t-on besoin d’un appareil énonciatif plus complexe, nécessitant un feuilletage des instances ?

 

De quelle manière le dialogique s’inscrit-il dans l’échange dialogal ? Quels sont les marqueurs dialogiques dans l’interaction ? Quelles sont les spécificités du dialogisme dans l’interaction ?

 

Comment décrire plus précisément l’orientation dialogique vers le discours du destinataire -dialogisme interlocutif - dans l’interaction ? Comment distinguer ce qui relève du dialogique interlocutif de ce qui est purement dialogal ?

 

Quelles articulations possibles entre les deux notions, en partie concurrentes et en partie complémentaires, de dialogisme et de polyphonie dans l’approche de l’interaction ?

 

Objectif scientifique

 

L’objectif de ce colloque est à la fois théorique et analytique.

 

(i) Les liens entre hétérogénéité énonciative et interaction 

 

Il s’agit d’assurer pour l’exploitation de données les fondements scientifiques des notions de dialogisme, polyphonie, construction des points de vue, pluralité de plans énonciatifs.

 

– Quelle place ces notions occupent-elles en analyse du discours ? en analyse textuelle ? en linguistique de l’énonciation ? en analyse conversationnelle ? Comment s’intègrent-elles dans les différentes « boîtes à outils » ? Dans quelle mesure a-t-on besoin des outils du dialogisme ou de la polyphonie pour étudier l’interaction, et réciproquement, en quoi les outils de l’analyse du discours en interaction sont-ils utiles pour comprendre, observer et décrire les phénomènes d’hétérogénéité énonciative ?

 

– Quels rapports entre ces notions, peu voire pas sollicitées dans les travaux linguistiques anglo-saxons consacrés en particulier à l’interaction, et des notions comme celles de dialogic syntax, de subjectivity, de point of view, de speaker empathy, de subject-raising, de recipient design, de orientation to recipientetc., qui permettent de traiter des faits linguistiques en partie proches ? 

 

– Quelles articulations possibles entre les notions, en partie concurrentes et en partie complémentaires, de dialogisme, de polyphonie, d’hétérogénéité énonciative, de construction des points de vue ou de pluralité de plans énonciatifs dans l’approche de l’interaction verbale ?

 

(ii) La matérialité discursive du « feuilleté énonciatif »

 

Il s’agit de mettre les théories de l’hétérogénéité énonciative à l’épreuve des analyses de marqueurs dans le discours en interaction. 

 

Les marqueurs  de l’autre en discours, plus ou moins explicites, affectent le discours à ses différents niveaux : macrotextuel (genre du discours, texte, discours, tour de parole) et microtextuel (mot) ; comme dans ses différentes dimensions : sémantique, syntaxique, prosodique, gestuelle, énonciative.

 

– Comment ces phénomènes interviennent-ils précisément dans l’interaction, notamment en fonction du genre du discours ?

 

– Existe-t-il des marqueurs de l’hétérogénéité propres à l’interaction verbale ?

 

– Comment se manifeste concrètement la dimension énonciative dans le dialogue ?

 

Les communications peuvent s’appuyer sur les corpus dialogaux oraux (conversation, débat, interview, etc.) ou écrits (dialogue littéraire, conversations écrites chat/forum, courriel, échange épistolaire, interview médiatique publiée, etc.). Les interactions en situation d’interculturalité seront appréciées.

 

Langues du colloque : françaisanglais

 

Procédure de soumission

 

Les propositions de communication doivent être relativement développées : entre 3000 et 5000 caractères (espaces compris) + 5 mots-clés et références bibliographiques (10 maximum). Les auteurs apporteront un soin particulier à expliciter l’apport attendu de leur projet et le type de données sur lesquelles se fonde leur réflexion.

 

Les propositions seront examinées anonymement par deux membres du comité scientifique.

 

Elle sont à déposer, sans mention du nom de l’auteur / des auteurs, à l’adresse suivante : https://voixendialogue.sciencesconf.org/user/submissions

 

Calendrier

 

Date limite de soumission des propositions :          15 janvier 2019

 

Notification  d’acceptation :                                     15 mars 2019

 

Ouverture des inscriptions :                                    15 avril 2019

 

Les informations concernant le colloque sont accessibles sur le site : https://voixendialogue.sciencesconf.org

 

Pour joindre les organisateurs, vous pouvez écrire à l’adresse suivante : voixendialogue@sciencesconf.org

 


 


 

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