Les routines discursives dans le discours scientifique oral et écrit
Journée d’étude Université Grenoble Alpes (Lidilem) et Université de Turku (Finlande)
Lieu: Grenoble (France)
Date de l'événement: 28 juin 2018

Date limite: 28 février 2018


 

Les recherches sur les spécificités linguistiques des discours scientifiques ont connu un essor important ces dernières années, qu’il s’agisse d’étudier son système de dénomination (les « noms scientifiques », Luodonpää-Manni, 2016), la langue scientifique générale (Pecman, 2004, 2007) et ses unités transdisciplinaires (Tutin, 2014 ; Hatier et Yan, 2017). L’étude des différents genres ou sous-genres discursifs scientifiques a en effet des implications nombreuses, pour l’analyse du discours scientifique en premier lieu, mais aussi pour la comparaison interlinguistique et interculturelle ; les retombées en linguistique contrastive, traductologie, didactique des langues et TAL de ces recherches sont prometteuses.

 

Du point de vue linguistique, deux éléments permettent aujourd’hui des progrès significatifs :

 

- L’appui sur des bases de données et des corpus électroniques (EIIDA, Scientext, …) ainsi que le recours désormais systématique à des outils d’analyse tels l’extraction des motifs (Legallois et al. 2016) et des arbres lexico-syntaxiques récurrents (cf. Kraif et Tutin, 2017) fournissent un socle empirique plus solide qu’autrefois aux recherches menées ;

 

- L’évolution vers une approche « extensive » de la phraséologie permet l’identification et la modélisation d’objets encore peu traités par la linguistique outillée : patrons, motifs (Longrée et Mellet, 2013), routines discursives (Née et al., 2016), marqueurs métadiscursifs (Teufel, 1998), pragmatèmes, etc.

 

La plupart des recherches effectuées à ce jour en Sciences du Langage se sont focalisées sur l’écrit scientifique, et la question des autres modalités de la communication scientifique est rarement envisagée. Cela s’explique d’une part, par le fait que l’écrit demeure le vecteur le plus valorisé de la communication scientifique, et d’autre part par la difficulté pratique que représente la collecte de données orales ou multimodales dans le cadre de cette communication. Cependant, si l’article scientifique ainsi que la thèse sont incontestablement des éléments fondamentaux dans la diffusion du savoir, cette diffusion s’effectue aussi – et sans doute d’abord – à travers les communications orales effectuées au sein des différentes communautés disciplinaires.

 

L’étude linguistique des communications, données à partir d’une trame écrite ou d’une présentation de type powerpoint, mêlant l’écrit aux formes discursives propres à l’oralité au sein d’un genre mixte, fournissant ainsi un matériau intéressant à plus d’un titre pour analyser certaines particularités de la transmission scientifique.. Les ressources développées au sein du projet EIIDA (Études interdisciplinaires et interlinguistiques du discours académique) qui a réuni un sous-corpus de communications orales (Carter-Thomas & Jacques, 2017) donnent aussi l’occasion d’étudier la manière dont les routines discursives se réalisent au sein de ce sous-genre (Cf. Hartwell et al, 2017).

 

Parmi les pistes d’étude et de réflexion, quatre sont d’ores et déjà envisagées, d’autres pouvant être suggérées :

 

1. L’étude des spécificités des routines discursives dans les communications orales et écrites ;

 

2. La comparaison des routines discursives dans les communications orales et écrites de différentes langues;

 

3. Ce que deviennent les routines discursives des communications orales lors du passage à l’écrit ;

 

4. La description et l’intégration des routines discursives dans les activités didactiques du discours académique.

 

Pourront également être présentées des propositions de type méthodologique, décrivant les moyens d’extraction, d’analyse et de traitement des routines discursives, en particulier dans les communications orales..

 

Par ailleurs, les chercheurs réunis lors de cette journée tenteront également d’approfondir, de manière plus générale, la définition même de la notion de routines discursives scientifiques, en la situant par rapport aux notions connexes (motifs, patrons, etc.). Les propositions généralistes sur ce thème sont donc également bienvenues.

 

Les personnes intéressées pour intervenir à cette journée d’étude sont priées d’envoyer leur proposition (titre + résumé de 400-500 mots présentant le type de discours scientifique, la problématique et le corpus d’étude) aux organisateurs avant le 28 février 2018.

 

Organisation et coordination scientifique :

 

Milla Luodonpää-Manni (Université de Turku, mikalu@utu.fi), Francis Grossmann (Université Grenoble Alpes, francis.grossmann@univ-grenoble-alpes.fr) et Agnès Tutin (Université Grenoble Alpes, agnes.tutin@univ-grenoble-alpes.fr)

 

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