Approche de la pluralité linguistique en contexte scolaire algérien : dynamiques sociolinguistiques de l’apprentissage et de l’usage des langues scolaires
Journée d’étude
Lieu: ENS de Bouzaréah (Algérie)
Date de l'événement: 8 novembre 2018

Date limite: 15 septembre 2018


 

Responsables scientifiques de la journée

 

BERGHOUT Noudjoud

 

KEBBAS Malika

 

KARA Attika

 

 

Argumentaire

 

Les termes diversité, hétérogénéité, pluralité sont des termes génériques et sont employés aussi bien en sociolinguistique qu’en didactique pour évoquer des situations plurilingues. Ainsi,  le terme « variation » désigne la différenciation linguistique en synchronie, celui de « changement », les phénomènes situés en diachronie. La notion de « variété », quant à elle,  renvoie à la coexistence dans un même espace de différentes manières de parler (Gadet, 2003, p. 7).

 

On donnera au terme de « diversité  linguistique»  son acception la plus large qui inclut les faits de variation linguistique propres aux langues en diatopie, diastratie, diaphasie (Gadet, 2003, p. 15), en postulant que ces trois champs interagissent constamment (ibid.). La notion couvrira également les notions de plurilinguisme et de contacts de langue. Le mot « pluralité », quant à lui, renverra aux situations de coexistence de ces phénomènes.

 

Ce terme suppose une conception de la langue construite sur sa dimension d’hétérogénéité et opposée à une approche des faits de langue(s) fondée sur le principe de l’existence d’une langue homogène, dont la manifestation serait la langue standardisée et normée. Cette dernière serait « la forme par excellence de la langue, voire la seule […], [et une] construction discursive sur l’homogène » (Gadet, 2003, p. 18). Cette opposition entre homogénéité et hétérogénéité est centrale en contexte plurilingue.

 

En effet, à l’inverse des linguistes, qui se donnent pour objet une langue homogène, les sociolinguistes se consacrent à l’étude de la diversité et de l’hétérogénéité linguistiques (ibid., p. 17). S’intéresser à la diversité suppose étudier les manifestations de la langue en les reliant à leur contexte social et historique de production.

 

 L’évolution de ce champ en didactique s’est traduite par un déplacement des études sur les langues premières et  étrangères à des travaux sur le plurilinguisme (Py, 1992 ; Lüdi et Py, 2002) et sur la construction de compétences plurilingues et pluriculturelles, marquées par la complexité et l’hétérogénéité (Coste, Moore et Zarate, 1997).

 

 Ce mouvement a peu à peu tracé les contours des compétences du locuteur plurilingue, qui ne se manifestent pas par une maitrise parfaite de langues plus ou moins nombreuses, – systèmes homogènes et clos qui coexisteraient chez un locuteur polyglotte (Moore, 2001) – ou d’une langue cible fantasmée (Castellotti, 2006). Il s’agirait plutôt d’un ensemble hétérogène et pluriel, de variétés relevant de plusieurs langues (Coste, 2006), mobilisé comme un ensemble complexe de ressources diversifiées (Castellotti et Py, 2002 ; Coste, 2006 ; Castellotti, 2010). Dans un tel contexte, les notions de variation, de diversité, d’hétérogénéité, de pluralité sont centrales et très proches sémantiquement, sans être pour autant synonymes les unes des autres.

 

Notre interrogation est donc centrée sur la pluralité, sur les interactions possibles entre ce qui est pratiqué avec / dans les différentes langues enseignées ou présentes dans les établissements scolaires, sur les représentations suscitées par cette présence et sur les démarches susceptibles de rendre les protagonistes conscients de ces phénomènes et mieux à même de les gérer.

 

Les établissements scolaires fonctionnent  dans la société comme lieu d’inclusion. L’institution scolaire a vocation à accueillir tous les élèves quelle que soit leur origine culturelle et linguistique, et à œuvrer à l’inclusion et à la cohésion sociale dans une configuration mêlant des cultures endogènes et exogènes (Dabène 1989 et 1994).

 

Premièrement,  L’enjeu est d’aider l’élève à surmonter le décalage qui peut exister entre la langue de l’école et la/les langue/s de la maison, et d’assurer une fonction de structuration des connaissances à partir des acquis en langue « maternelle » ou « première ».

 

Deuxièmement, il y a lieu de s’interroger sur la manière dont elle peut prendre en compte l’identité de l’élève dans toute sa complexité, et comment elle peut l’ouvrir à l’altérité, à la pluralité, tout en assurant la transmission d’un ensemble de références collectives.

 

Troisièmement, nous nous intéressons aux articulations à créer et faire travailler entre les diverses langues, celles de l’école et celles hors école dans une visée de développement de capacités plurilingues et pluriculturelles, posées ici comme facteur de réussite pour tous les élèves.

 

Quatrièmement, nous nous intéressons aussi  au parcours des formateurs (trices), et formateurs (trices) des différents  établissements scolaires algériens : qui sont-ils ? Quelle est l’incidence de leurs parcours (stratégies d’acquisition, lieux et circonstances de l’emploi des langues en contact, représentations, ...etc.) sur la norme qu’ils veulent transmettre ainsi que sur leur(s) usage(s) au cours de leur pratique professionnelle ?

 

Les contributions pourront ainsi traiter des questions liées aux axes ci-dessous (sans rechercher l’exhaustivité) :

 

Axe 1 : L’établissement scolaire, comme lieu du contact des personnes et des    langues, et notamment la classe, comme espace d’interactions sociales et linguistiques particulières.

 

Axe 2 : Le répertoire et la biographie linguistiques des formateurs (trices).

 

Axe 3 : Les représentations de la langue à enseigner et de la (des) langue(s) des apprenants.

 

Axe 4 : Les pratiques  linguistiques observables en classe et dans les établissements scolaires.

 

Les propositions de 300 mots environ sont à envoyer avant le 15 septembre 2018  à noudjuod2dz@yahoo.fr

 

Retour des avis du comité scientifique : 15 octobre 2018

 

Les interventions qui auront été sélectionnées par le comité scientifique feront l’objet de publication dans un numéro de la revue Socles à paraître en 2019.

 

Comité d’organisation : Noudjoud Berghout, Nawel SACI; Ouardia ACI,; Kamila OULEBSIR ; Assia Belghadouche, Karima Siam, Lamia Oucherif .

 

Comité scientifique : Pr. Attika-Yasmine KARA ; Pr. Malika KEBBAS ; Pr. Nabila BENHOUHOU ; Pr. Saliha AMOKRANE ; Pr. Safia RAHAL, Pr. Belkacem BENTAIFOUR ; Pr. Phillipe BLANCHET; Pr. Marielle RISPAIL ; Dr. Djilali ATTATFA ; Dr. Stéphanie CLERC; Dr. Nawel SACI; Dr Fatima FERHANI; Dr. Ouardia ACI ;Dr Kamila OULEBSIR ; Dr. Wafa BEDJAOUI ; Dr. Noudjoud BERGHOUT; Dr.Assia BELGHADOUCHE ; Dr.AIT CHALLAL ; DR BECETTI Ali, Dr. CHAIBI Hassiba ; Dr MALEK Azeddine, Dr Bouallili Ahmed, Dr.AMOUDEN M’hand, Dr DJEBLI Mohand Ouali; Dr.Marine TOTOZANI ; Dr Hassiba BENALDI ; Dr.Hadjer Marbouh, Dr. Souhila BENZARROUG ; Dr. Souhila Hedid.

 

Références bibliographiques

 

BERTUCCI M.-M. et CORBLIN C. (2004). Quel français à l’école ? Les programmes de français face à la diversité linguistique. Paris : L’Harmattan.

 

BLANCHET P. (2007). « Quels “linguistes” parlent de quoi, à qui, quand, comment et pourquoi ? Pour un débat épistémologique sur l’étude des phénomènes linguistiques ». Carnets d’ateliers de sociolinguistique, n° 1. Disponible sur Internet : http://www.u picardie.fr/LESCLaP/spip.php ?article47

 

BLANCHET P.MOORE D.ASSELAH RAHAL S 2009. Perspectives en didactique des langues contextualisée. Paris : Edition des archives contemporaines.

 

BENHOUHOU, N., 2009 « Pour une didactique contextualisée du français en Algérie », in El-Bahith, revue de l’ENS de Bouzaréah, n° 2, 2009, p. 33-44.

 

BENHOUHOU, N., 2010  « Nouvelles variétés du français : vers un nouveau cadre d’enseignement-apprentissage du français en contexte plurilingue » in Pierre MARTINEZ & Phillipe BLANCHET (dir), Pratiques innovantes du plurilinguisme. Paris : Editions des archives contemporaines contemporaines/AUF, p. 205-209. ISBN : 9782813000293. –

 

BENHOUHOU, N., 2010  « Transposition des pratiques linguistiques plurielles dans les programmes de langues », in Cahiers de linguistique, Revue de sociolinguistique et de sociologie de la langue française, n° 35/2, Belgique : EME éd., p. 73-84. ISSN : 0771- 6524.

 

CALVET L.-J. (2007). « Pour une linguistique du désordre et de la complexité ». Carnets d’ateliers de sociolinguistique, n° 1. Disponible sur Internet : <http://www.u-picardie.fr/LESCLaP/spip.php ?article45>

 

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CASTELLOTTI V. (2006). « Une conception plurielle et intégrée de l’enseignement des langues – principes, modalités, perspectives ». Cahiers de l’ACEDLE, n° 2, p. 319-331. Disponible sur Internet : <http://acedle.org/spip.php ?article438>

 

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CASTELLOTTI V. et PY B. (dir.) (2002). La notion de compétence en langue. Notions en Questions n° 6. Lyon : ÉNS Éditions.

 

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FAVART M. (2010). « Quels savoirs en matière de variations langagières susceptible d’optimiser un enseignement du FLE ? ». Pratiques, n° 145/146, p. 179-196.
DOI : 
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KARA.A 2010 (Dir.) [en collaboration avec P. Blanchet et Kebbas. M], Influences et enjeux des contextes plurilingues sur les textes et les discours, Editions Lambert-Lucas, 2010.

 

KARA.A 2012(Dir.) [en collaboration avec P. Blanchet et Kebbas. M],], Pluralité linguistique et démarche de recherche. Vers une sociolinguistique complexifiée, Cahiers internationaux de sociolinguistique, n°2, 2012, Paris, Ed. l’Harmattan, 2012.

 

KARA.A 2013 (Dir.) [en collaboration avec M. Daff], Dynamiques plurilingues. Transpositions politiques et éducatives, Cahiers de Linguistique, N° 39/2, 2013.

 

KARA.A 2013.« Aborder autrement les  pratiques langagières plurilingues en  Algérie ? Vers une approche de la complexité » [en collaboration avec Kebbas. M, et C. Cortier] in Ph. Blanchet, A. Becetti, R. Colonna, Politiques linguistiques et plurilinguistiques. Du terrain à l'action glottopolitique, Paris, L’Harmattan, 2013, pp. 177-190.

 

KEBBAS M. KARA A et CORTIER C. 2011« Pratiques linguistiques et cadre institutionnel de l’enseignement du français en Algérie » in Les programmes de formation universitaire sous la dir. de C. EID, Beyrouth : Editions de l’Université Antonine, 2011.

 

KEBBAS M. en collaboration avec P. BLANCHET et KARA A, 2012. Pluralité linguistique et démarche de recherche. Vers une sociolinguistique complexifiée, Cahiers internationaux de sociolinguistique, n°2, 2012, Paris, Ed. L’Harmattan,

 

KEBBAS M. en collaboration avec KARA A et M. DAFF M 2013, Dynamiques plurilingues. Transpositions politiques et éducatives, Cahiers de Linguistique, N° 39/2, 2013.

 

GADET F. (2003). La variation sociale en français. Paris : Ophrys.

 

LÜDI G. et PY B. (2002 [1986]). Être bilingue. Berne: Peter Lang.
DOI : 
10.3726/978-3-0351-0647-3

 

MOORE D. (dir.). (2001). Les représentations des langues et de leur apprentissage : références, modèles, données et méthodes. Paris : Didier.

 

MOORE D. (2006). Plurilinguismes et école. Paris : Didier.

 

PETITJEAN A. (1998). « Pratiques a 25 ans ». Pratiques, n° 97-98, p. 3-5.

 

PORQUIER R. et PY B. (2004). Apprentissage d’une langue étrangère : contextes et discours. Paris : Didier.

 

VERDELHAN-BOURGADE M. (2002). Le français langue de scolarisation. Pour une didactique réaliste. Paris : PUF.

 

VIGNER G. (2009). Le français langue seconde. Paris : Hachette Éducation.

 

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